Doado a pour but de vous aider à soulager votre dos et toujours avec une validation médicale. Est-ce qu’une application mobile est efficace pour cela ? Il est intéressant de se poser la question.

C’est pourquoi une première analyse a été faite dans le cade d’un mémoire de fin de d’étude en kinésithérapie sur l’acceptabilité d’une application « e-santé » par les patients, en l’occurrence l’application Doado.

M. GUY Marin avait à cœur de mener une étude sur ce sujet d’actualité et c’est ainsi qu’il a découvert l’application Doado répondant aux critères de l’étude qu’il voulait mener. Il était alors étudiant, et c’est plusieurs années après la publication de cette étude que Marin est venu rejoindre la team Doado pour aller encore plus loin:-)

Nous avons décidé de publier un condensé de celle-ci, mais bien entendu la globalité de l’étude est consultable sur demande.

Résumé de l’étude

Nous avons pu constater que l’étude de la e-santé, l’application des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé, s’attache la plupart du temps à son aspect économique, la finalité pour le patient lui-même n’étant pas souvent prise en compte.

Nous avons étudié l’intérêt du patient pour une application e-santé, en l’occurrence Doado, à travers la mesure de l’acceptabilité. Doado s’adresse aux patients présentant une pathologie et/ou opérés du rachis lombaire. Elle a été développée par un kinésithérapeute qui exerce dans le service d’un hôpital spécialisé dans les opérations du rachis. L’expérimentation a duré 5 semaines, durant lesquelles 31 patients ont eu pour consigne d’évaluer leur douleur sur l’application, une fois par jour. Le développement d’applications telles que Doado pourra certainement donner un élan à cette nouvelle discipline au service du patient.

Recherche : Outil d’évaluation et méthodologie

La validité ou non de l’hypothèse repose sur deux questionnaires à destination de patients opérés du rachis lombaire et ayant téléchargé l’application Doado : questionnaire initial de recueil d’informations et un questionnaire final d’évaluation de l’application. Entre le questionnaire initial et le questionnaire final, la durée de l’expérimentation est de 5 semaines. Pour définir le schéma de cette étude, nous nous appuierons sur un article de
Vaillant (2012), « Valider les effets de thérapeutiques : les méthodologies de recherche clinique ». L’étude est observationnelle (pas d’intervention sur le phénomène), prospective (recueil de données après la mise en place de l’étude), transversale (recueil de données en une seule fois), exploratoire (étude pilote dans le domaine de l’acceptabilité d’une application m-santé par les patients), qualitative (critère de jugement qualitatif). L’ensemble de ces caractéristiques place l’étude à un niveau de preuve scientifique de niveau 4, équivalent au grade de recommandation C (faible niveau de preuve scientifique).

Méthodologie et analyses des résultats

Technique de saisie

Le questionnaire initial, sur support papier, est complété avec le patient, en chambre, par le kinésithérapeute du service ou l’étudiant, la veille de l’opération. Le thérapeute s’assure alors que le patient peut télécharger l’application ; il lui présente son fonctionnement et lui donne les consignes d’utilisation. Ce mode de fonctionnement permet de s’assurer que le patient a bien compris le sens du questionnaire, malgré le stress que peut provoquer une intervention chirurgicale. Le questionnaire final est envoyé aux patients par mail, 5 semaines après l’opération
chirurgicale. La réponse à ce questionnaire se fait en ligne grâce à un formulaire Google Document.
Pour traiter les données, nous avons élaboré un dictionnaire de codes rassemblant les variables correspondant aux différents intitulés des questionnaires et au numéro d’identification de chaque patient.


Résultats


Description de la population

54 patients ont été sollicités pour participer à cette étude en complétant le questionnaire initial. 31 de ces patients ont répondu au questionnaire final (57%). L’analyse porte donc sur un total de 31 réponses de patients.
Sur les 31 patients, 55% sont des hommes et 45% sont des femmes. La moyenne d’âge de l’échantillon est de 45 ans. La plupart sont en arrêt maladie (45%). Concernant leur pathologie et leur intervention chirurgicale, 87% sont
hospitalisés à cause d’une hernie discale et 80% ont bénéficié d’une exérèse de hernie discale. Concernant l’utilisation de l’application DOADO, 61% l’utilisent sur un téléphone mobile et 39% sur tablette tactile. Dans 74% des cas, le patient est propriétaire du support mobile dont il va se servir pour utiliser l’application.

Mesure de l’acceptabilité

Pour calculer l’acceptabilité de l’application DOADO par les patients, nous avons réalisé la moyenne des taux des critères et sous-critères de l’acceptabilité. Cette moyenne nous donne un taux moyen d’acceptabilité du SED de Doado par les patients de 86,5%, supérieur donc à 50%. Ainsi, nous pouvons affirmer que les patients acceptent l’application DOADO. Le taux moyen d’acceptabilité, entre 75% et100%, se situe entre « bonne » acceptabilité et « très bonne » acceptabilité.

Conclusion de l’étude

La téléréadaptation, branche spécifique de la e-santé, est une toute nouvelle approche de la prise en charge thérapeutique. Elle peut être un simple moyen d’information au patient ou encore une solution à des problèmes de santé publique comme les « déserts médicaux » dans les zones rurales. L’étude de l’intérêt des patients, notamment de l’acceptabilité, dans le contexte du développement d’un projet de téléréadaptation, paraît essentielle, tant l’efficience d’un tel projet dépend de ce critère. Dans le cas de l’application mobile DOADO, complément de la prise en charge thérapeutique développée dans un service spécifique, et dans le cadre de notre expérimentation, cette acceptabilité est démontrée. Cependant, une étude à plus grande échelle permettrait le cas échéant de confirmer cette acceptabilité, notamment en intégrant un traitement statistique des données pouvant générer des
résultats plus significatifs.
Comme toute nouvelle approche thérapeutique, la téléréadaptation est source de nombreux questionnements, notamment juridiques et éthiques. Plusieurs pays ont mis en place des recommandations pour l’implantation de services de télémédecine et de téléréadaptation. C’est le cas de la France, avec la publication par la HAS en
2013 de la « Grille de pilotage et de sécurité d’un projet de télémédecine », outil pédagogique permettant d’accompagner le déploiement de la télémédecine (HAS, 2013b). Nous pouvons donc raisonnablement penser que le développement d’applications telles que DOADO donnera un élan certain à cette nouvelle discipline
au service du patient.
Cette application est un service proposé au patient. Mis à part la réception des données par mail, les kinésithérapeutes ne la manient pas. […]
L’acceptabilité par les professionnels de santé de ce genre d’application serait alors à prendre en compte. Une étude concernant l’appréciation, les connaissances et les pratiques des kinésithérapeutes concernant ces nouvelles applications permettrait de dégager une tendance en vue d’un développement accru de la téléréadaptation.

Perspectives de développement

Depuis la réalisation de cette étude, la première application a continué à être téléchargée, montrant ainsi son intérêt pour les utilisateurs. Elle a été refaite à la demande des chirurgiens d’un service de chirurgie du dos, le Centre Aquitain du dos, qui peut ainsi le proposer à l’ensemble de ses patients.

C’est dans ce contexte que nous avons décidé de développer une nouvelle version de l’application Doado tournée vers le grand public, avec comme thématique le dos en général (entretenir son dos et/ou soulager des douleurs).

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